L'hiver, saison synonyme de froid et de déprime pour certains et saison de renouveau et de splendeur pour d'autres. Pendant que la nature revêt son élégant manteau blanc, j'enfile ma peau de chagrin et de réflexion. J'observe ce qui m'entoure, les gens qui gravitent sur cette terre malmenée par la pollution et le manque de 22504805871civisme ambiant. Je pense à ces personnes qui perdent la vie dans la rue faute de toit et de chaleur humaine pendant que d'autres courent les boutiques à la recherche de belles décorations de Noël et de superbes cadeaux. Je pense aussi à ces enfants qui ne connaîtront pas ces moments festifs pour des raisons pseudo-religieusespseudo-religieuses. Oui, je réfléchis et je médite sur mon sort. Quand je rentre chez moi, j'apprécie la chaleur des lieux et je culpabilise de si souvent me plaindre sur ce qu'a été ma vie, sur la facture qui tombe mal ou sur l'état verglacé des rues. Je suis vivante et je suis loin de cette civilisation que je plains tant. Chaque année, en hiver, je prends une décision. Certaines ont trait à des combats certes compliqués et parfois décourageants mais cette année j'ai pris une décision , prématurée bien sûr, mais chère à mon coeur. Je connais mon passé, je vis au présent, j'entrevoie un avenir mais je n'ai pas un contrôle quelconque sur celui-ci. Je peux cependant décider à l'avance de ce que l'on fera de mon corps le moment venu. Si je n'étais pas atteinte d'une maladie incurable, je ne penserais pas à ce qui aux yeux de beaucoup peut paraître morbide mais je m'accorde le droit de choisir ce qu'il adviendra de moi aprés ma disparition. Il est important pour moi que ce corps tant de fois souillé serve plus tard pour une bonne cause, l'histoire d'équilibrer la balance. Avant de tomber malade, j'étais donneuse d'organes mais malheureusement c'est aujourd'hui impossible; aussi j'ai décidé de donner mon corps à la science. Seule la science permettra plus tard peut-être la guérison de  ces maladies qui touchent tant de gens et handicapent inlassablement leurs quotidiens. Pour faire bouger les choses, il faut parfois faire le don de soi...Mais avant, je compte bien vivre et profiter des bons moments bien sûr ! Pour le moment, je suis au printemps de ma vie et quand viendra mon hiver, je partirai sereine.

Le don du corps consiste à léguer son corps à la science afin qu’il serve à l’enseignement de l’anatomie aux futurs médecins ou pour la recherche médicale.